La légalisation de l'IVG en Argentine a subi un coup d'arrêt brutal mais attendu le 9 août dernier avec le refus du Sénat d'approuver le projet de loi. Nous avons voulu savoir de quelle façon les femmes, mobilisées massivement lors du débat du projet de loi, organisent la suite du mouvement. Exiger un référendum, présenter un nouveau projet de loi dans quelques mois, quelles sont les pistes envisagées par les féministes argentines ?
Le processus de débat du projet de loi, d'abord dans la chambre de Députés puis au Sénat, a donné lieu à une mobilisation de femmes sans précédent dans le pays. Le débat a passionné et rassemblé les femmes de toutes les générations et de toutes couches sociales qui se sont exprimé en faveur (mais aussi contre) la légalisation de l'avortement.
Le processus de débat du projet de loi, d'abord dans la chambre de Députés puis au Sénat, a donné lieu à une mobilisation de femmes sans précédent dans le pays. Le débat a passionné et rassemblé les femmes de toutes les générations et de toutes couches sociales qui se sont exprimé en faveur (mais aussi contre) la légalisation de l'avortement.
Et maintenant, que vont-elles faire ?
« Nous n'avions pas encore fait vraiment fait le point entre nous. C'est pour cela qu'on s'est réunit le 29 août avec les députées et les Sénatrices qui ont été de notre côté» affirme la sociologue Victoria Tesoriero, membre du collectif "Campagne nationale pour le droit à l'IVG légale, sûre et gratuite en Argentine". Ce mouvement de femmes, à l'origine du projet de loi, se défini comme une "alliance fédérale" et réunit plus de 300 associations liées aux droits de l'homme et aux sphères scientifiques et culturelles en faveur de la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse. « Nous aurons ensuite une réunion nationale plénière de la "Campagne" qui se tiendra le 15 septembre, à Rosario. Nous pourrons ainsi nous mettre d'accord sur la poursuite du mouvement et fixer des lignes claires pour les prochaines actions. Il y a beaucoup de décisions à prendre »
« La participation a été telle, l'engagement des femmes si important ces derniers mois que malgré le refus du Sénat, il n'y a pas de retour en arrière possible. Il y a une très forte envie des femmes de s'exprimer sur ce sujet» martèle Tessoriero.
« Dans les instance dirigeantes de la "Campagne", nous avons des défis majeurs comme celui de mieux accompagner nos représentantes dans les provinces où il est difficile de s'exprimer librement sur le sujet, comme Catamarca, Jujuy ou La Rioja.»
Faire de la légalisation de l'IVG un sujet majeur lors de la prochaine présidentielle de 2019 ?
"Nous avons peu de chances en présentant de nouveau un projet de loi avant que la composition du Sénat ne change. Nous essayerons plutôt, je pense, de mettre le sujet au coeur du débat électoral pour la présidentielle de l'année prochaine, mais on doit y réfléchir toutes ensemble»confirme TessorieroLa position de l'église aura un coût très élevé
Les positions prises par certains sénateurs lors du débat, et notamment ceux représentant certaines régions du pays, se sont avérés fortement sous influence de l'Eglise Catholique.
Fait curieux de la complexité du sujet dans un pays historiquement catholique, Tessoriero fait aussi partie du mouvement "Catholiques pour le droit à décider", un groupe de femmes catholiques engagées pour le droit à décider de leur corps et qui ne partage pas les idées prônées par la hiérarchie ecclésiastique au sujet de l'avortement. Elles militent pour une séparation stricte de l'Eglise et l'Etat sur des sujets de santé reproductive et pour la prise en compte du sujet de l'IVG comme un sujet de santé publique. Victoria Tessoriero confirme : « Il y a eu une grand indignation de beaucoup de femmes face à cette posture de l'Eglise. Il ne s'agit pas seulement d'une bataille sur un plan légal, mais également sur un plan culturel"
Témoignage de féministe ...
Vero Lorca, scénariste et comédienne argentine engagée également au sein du collectif à l'origine du projet de loi, nous raconte son vécu lors de la journée du 8 août du vote du projet de loi au Sénat et ce qu'elle entrevoie pour la suite du mouvement.


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